Ce furent ses derniers mots car il s’écroula peu après, un trou
béant dans la poitrine, une demi seconde après qu’un éclair de lumière ait jailli derrière lui.
Aretha le regarda tomber à genoux puis face contre terre, sans
comprendre. Les renforts, réellement ? Elle avait la vie sauve mais était dans le flou le plus complet.
« On est quitte, maintenant, Aretha, fit alors dans son dos
une voix qu’elle ne reconnut pas immédiatement. »
Un large sourire barra son visage quand la mémoire lui revint.
Phil Vector DeBoor, techie et hacker hors-pair, indic et ami. Aretha lui avait sauvé la vie il y a cinq ans, un
peu par hasard, lors d’une planque dans un appartement délabré donnant sur une ruelle sombre et étroite, le genre de ruelles malfamées qui existaient depuis que les villes existaient. Il était
poursuivi par deux vauriens qui voulaient lui prendre ses effets. Ils étaient en train de le menacer avec une nanolame – fil monomoléculaire sur chassis oscillant, très efficace contre les
parpaings, les tubes en acier et tout type de roches – quand Aretha les avait tous les deux assommés d’un jet bien placé de son étourdisseur. Elle l’avait fait monté, ils avaient discuté et
sympathisé. Jusqu’à sa mise à pied, , il la rancardait de temps à autre, la tenait au courant des ragots et potins agitant le monde fermé des hackers ou encore l’éclairait de ses connaissances
techniques. Elle ne lui avait pas parlé depuis deux ans.
Aretha se tourna pour apercevoir la longiligne silhouette de son
ami qui portait toujours les cheveux longs et arborait le même air nonchalant qui masquait mal une vive intelligence.
« Ca faisait un bail, madame la flic,
hein ?
- Oui, un bail, comme tu dis. Il arrive à échéance dans trois
mois, dieu soit loué.
- Que s’est-il passé ? Tu as mis la main sur un techie plus
dispo que moi ? Il te racontait des choses plus croustillantes ?
- Non, mon cher Vec’, pas du tout. J’ai grillé la politesse aux
mauvaises personnes, pour faire court.
- Tu as raison de faire court car je n’ai pas beaucoup de temps
pour discuter. Aucune envie de me faire rattraper par l’un ou l’autre des protagonistes de ce petit happening. »
Il ferma les yeux pour consulter son BIOS et ses implants, qui
étaient bien évidemment protégés des grenades CEM par le blindage électronique adéquat.
« La grenade CEM nous donne quelques minutes
d’invisibilité. Quelques questions et je mets les voiles, ma chère. Tu comprendras bien que je doive ainsi te fausser compagnie.
- Niet problem Vec’. Tu m’as sauvé la vie, c’est déjà pas mal. A
ce propos, un profond et sincère merci. Un partout, balle au centre.
- Oui oui, fit-il. Nous sommes quittes.
- Et donc toi, entra dans le vif du sujet Aretha, on dirait que
les choses aussi ont changé. Frayer avec des arterroristes… Pas vraiment ton style, si ma mémoire est bonne. Tu étais plutôt du genre solitaire, pas du genre à bosser avec un gang. Surtout que tu
n’as pas la même belle peau bleue que nos amis ici présents. Que pasa amigo ?
- Que pasa amigo ? Que pasa amigo ? répéta-t-il, comme
s’il se posait lui même la question. Beaucoup de choses, Aretha. Il y a certaines offres que l’on ne peut pas refuser…
- Van Zorn, cela te parle ?
- Oui. Un des pontes du gang. Un fou furieux qui passe plus de
temps sous berserkine que l’esprit net. Ce n’est pas dans cette direction que tu trouveras des informations. Il est en surface en ce moment même, à jouer avec tes amis.
- Ce ne sont pas mes amis, justes mes collègues. Donc tu n’es
pas un Blue Arlequin mais tu es tout de même là ? Tu peux m’éclairer ?
- J’ai été contacté, canal habituel…
- Par qui ? »
Là, le hacker balança un instant, avant de planter son regard
dans celui d’Aretha.
« Du confidentiel, du cent pourcents entre toi et
moi ?
- Comme d’hab, Vec’. Tu me connais.
- Un dandy vêtu de blanc. Un mec tout doit sorti d’un livre
d’histoire des costumes. Ca te dit quelque chose l’Angleterre victorienne ? Et bien le mec en était tout droit issu, avec les lunettes à l’ancienne, le haut de forme et la canne en argent.
Super classe et élégant, faut reconnaître. Il est venu me voir alors que personne sait où j’habite. Il a toqué à ma porte comme si de rien n’était et il m’a fait une offre qu’on ne peut pas
refuser, si tu vois où je veux en venir, rapport à mon passé. Cela fait quinze ans que je suis dans ce milieu, que je prends toutes les précautions pour passer inaperçu et voilà que ce mec
débarque chez moi pour me ressortir tous plein de vieux trucs…
- Tu disais ne pas avoir le temps et te voilà bavard comme une
pie. Un nom peut-être, pour m’éclairer ?
- Niet nom, Aretha.
- Bien bien. Quel était ton rôle dans ce
happening comme tu dis ?
- Surveiller les environs, neutraliser les communications
d’HSMC, coordonner les groupes, tout le back office habituel, quoi !
- Et la glace noir, c’était toi ?
- Oui mais je ne l’ai pas mise au point.
- Tu pourrais savoir qui l’a fait ?
- En étudiant la routine du programme en détail ou en
interrogeant qui de droit, oui mais… Tu as un mois ? Tu me paies combien ? »
Aretha sentit chez son ami une gêne, une légère hésitation mais
elle ne pouvait s’attarder trop longtemps sur le sujet. Elle avait une idée en tête qu’elle voulait explorer en détail.
« A présent, passons à nos amis les clowns bleus. Nous
avons donc une Black Ice impénétrable, des images truquées à la perfection en quelques secondes, des grenades CEM, de la berserkine, un Sodium classe 3, un techie free lance de haut vol… Ca ne
ressemble pas aux habitudes plutôt artisanales des arterroristes que je connaissais il y a deux ans. On dirait plutôt des mercenaires ou des swats qui font une virée entre potes le dimanche. Que
s’est-il passé ? J’ai raté un épisode ? Les arterroristes sont passés professionnels ? Je sais pas pourquoi mais je n’y crois pas.
- C’est vrai qu’ils sont bien équipés, ces
clowns-là…
- Tu rigoles ? Rien que pour la possession de la plupart de
leur équipement, ils peuvent prendre dix ans. Et je ne te parle même pas du fait de s’en servir, fit-elle, avec véhémence. Donc que peux-tu me dire d’autre ?
- Je ne sais rien, Aretha, fit Vec’ en plaidant la bonne foi de
ses mains écartés devant lui. Et tu le sais aussi bien que moi. Tout est compartimenté dans ce genre de run, je te l’apprends pas. Ce dandy est venu me voir, il m’a dit tel jour, telle heure, tel
endroit, tels gens et basta !
- Mouais, je m’en tiendrais là. »
Elle n’était décidément toujours pas convaincue mais n’avait pas
le temps d’approfondir tous les aspects de la question. Elle décida de passer à l’idée qui clignotait en rouge fluo dans son esprit depuis le début de sa discussion avec le hacker. La lumière
émise par la lightball diminuait : il ne lui restait plus beaucoup de temps
« Et si je te dis Pirates, tu me réponds quoi ? »
A son expression soudain indéchiffrable, Aretha comprit qu’elle
venait d’aborder un sujet sensible. Les pirates étaient un gros morceau, la sensation forte qui agitait le monde des hackers et autres arpenteurs du cyberespace depuis quelques semaines. Ils
portaient ce nom car ils avaient pour habitude de planter un virtuel Jolly
Roger – crane et os blancs sur fond
noir - sur les lieux de leurs exploits. Personne ne savait rien sur eux, à tel point qu’il était impossible de dire s’il s’agissait d’une personne ou d’un groupe. Aretha en avait entendu parler
en discutant avec un spécialiste en piraterie informatique de Grand Central, qui gageait que les médias n’allaient pas tarder à s’emparer de ces pirates.
« Je commence par te demander comment tu as entendu parler
d’eux.
- Par un collègue de Grand Central très au courant des dernières
modes dans ton monde.
- Tu lui tireras mon chapeau à ce collègue de Grand Central.
C’est un des secrets les mieux gardés de notre monde, comme tu dis.
- Mieux que les emplacements du Zodiac ou du
WorldWideWeb ? »
Il s’agissait de deux bars où se rencontraient tous ceux qui
gravitaient dans le monde interlope de la matrice, les revendeurs de programmes, les techies, les hackers, les fixers se donnaient rendez-vous. Ils avaient tous deux comme particularité commune
de changer d’emplacement tous les mois, afin d’échapper aux surveillances dont ils faisaient l’objet.
« Et donc, que sont les pirates pour mériter un tel
secret ? Qu’ont-ils fait ? C’est l’arme secrète de votre nation pour prendre enfin le pouvoir ?
- T’as pas changé, Wiliams, hein ? dit Vec’ en secouant la
tête. Des questions, toujours des questions. Tout d’abord, la nation hacker et toutes ces théories qui s’y collent, ce n’est rien de plus que des foutaises, qu’un épouvantail qu’on a agité pour
se marrer, pour se payer votre tête. Le jour où vous, les gens vivant lentement, vous le comprendrez, la PanHumanité aura fait un grand pas. Ensuite, pour tout te dire, les pirates sont un secret
car ils nous foutent la honte. On n’y comprend rien, on n’entrave que dalle. Tu imagines le Zodiac aux heures de pointes, avec DoubleBridge, Flashknight, la Dame de Pique et tous les autres, tous
les meilleurs runners de ces vingt dernières années, hein ? Et bien, dis-toi que tu trouverais personne pour te dire quoi que ce soit d’instructif ou de sérieux sur les Pirates. On ne sait
rien, nada, peanuts. Ils nous renvoient tous sur les bancs de l’école, devant nos premières consoles. On étudie les rares macros que nous avons de leurs raids mais on entrave rien. Ils parlent
une autre langue, une langue plus rapide, plus efficace et plus discrète que la notre. Et laisse-moi te dire, les rares contacts que nous avons avec les IAs…
- Celles du Centre ?
- Mais non, Aretha, fit-il, excedé d’avoir été coupé dans son
élan par une question aussi bête. Pas le Centre. Jamais le Centre, tu le sais bien. Leurs IAs n’ont rien à voir avec le cyberespace. Je comprends même pas pourquoi tu me poses la question. Une de
vos sales habitudes d’interrogatoire… Enfin bref, d’après ce que nous savons, les IAs que nous connaissons sont dépassées par ces foutus pirates. Leur Jolly Roger nous nargue en beauté depuis une
dizaine de mois. »
Alors que leurs deux visages s’enfoncaient lentement dans
l’obscurité, Aretha désigna d’un geste du menton la scène autour d’eux.
« Et là, c’est eux ? Ca peut être eux ou pas ?
Ces clowns suréquipés, ces images truquées à la perfection, cette glace impénétrable ? »
Vector secoua la tête en signe de dénégation, on ne peut plus
sûr de lui.
« Non. Ce n’est pas eux, tu peux me croire. D’une part, ils
n’ont jamais mené de raid dans la vie lente…
- Faut un début à tout, non ?
- Tu as raison mais cette violence, tous ces morts, ces dégâts,
ça cadre pas avec leur philosophie. Leurs raids sont propres, discrets et indolore pour leurs victimes. Rien à voir avec cette boucherie.
- Et d’autre part, alors ?
- D’autre part, la glace est classique. De très bonne facture,
certes ! mais classique. Je comprenais ses routines et ses algorithmes, j’ai pu la mettre en place rapidement. Rien de plus que des manipulations habituelle. Or les pirates, c’est quand on
n’arrive même pas à percer les premières lignes de codes, tu vois ce que je veux dire ?
- Oui, Vec’. Je vois. Quand vous êtes largués, ce sont les
pirates, c’est ça ?
- Etonnamment, je préfère le dire avec mes
mots ! »
Son sourire n’était qu’à peine visible dans l’obscurité
grandissante de la galerie.
« Tu n’as plus qu’une question, ma
grande.
- Ma grande ? Dis donc, le jeune, je te rappelle que j’ai
quinze ans de plus que toi.
- OK ma vieille, répondit-il en agrandissant encore un peu plus
son sourire, dernière question ?
- Qui est derrière tout cela ?
- I don’t know, je ne sais pas, no le se. Comme pour les
pirates. La seule chose que je peux te dire, c’est qu’il va passer quelque chose. Notre monde est en ébullition. Les pirates, c’est du solide, crois-moi. Je vous salue, très chère
Aretha. »
Ses implants de contrôle branchés sur l’horloge interne de la
flashball, il put synchroniser la fin de sa phrase et celle de la lumière. Le noir se fit à la fin de sa phrase. Il disparut sans un bruit, d’un coup, dans l’obscurité.
Le reste de la journée fut un des moments les plus longs et
pénibles de sa carrière. Voir mourir Burell, découvrir le corps de Frazier et des autres, expliquer à Warrior, aux Affaires Internes puis aux GiMen ce qu’elle venait de vivre – sans évoquer
Vector –, éviter les médias, contacter les familles de ses deux jeunes collègues ainsi qu’une tonne de formulaires et de documents à remplir.
Pour compliquer encore un peu plus l’enquête, il s’avéra que les
arterroristes capturés par la police avaient subi, quelques secondes avant leur arrestation, un lavage de mémoire au memoryhole, drogue aussi rare et coûteuse que la berserkine. Aucun d’eux
n’avait le moindre souvenir concernant les quarante huit heures qui venaient de s’écouler. Il faudrait des nanosondes et une méticuleuse exploration de leur cerveau pour retrouver des bribes de
souvenir.
Aretha rentra chez elle déprimée et exsangue. Elle brancha son
inducteur de sommeil et paramétra une sieste avec cycle modifié d’une heure. Elle ne voulait laisser aucune pensée de sa vie ou de sa journée interférer avec son besoin de sommeil. Elle
s’endormit quelques secondes après avoir fermé les yeux.
Le soir, chez elle, devant l’optecran calé sur les nouvelles de
la journée, dans l’attente du reportage sur le fiasco des studios HSMC et ses seize morts, assise dans son canapé moelleux, Aretha repensait non pas à sa journée mais à son dernier
horoscope.
Depuis toujours, elle se passionnait pour l’astrologie et la
devination, sous toutes ses formes : chiromancie, Tarot Kin, nombres, horoscope, thèmastral, etc. Elle s’amusait à voir les variations dans les prédictions qui lui annonçaient tout et son
contraire pour la même journée, le même évènement. Elle y puisait selon son humeur ou selon la tournure des interprétations. C’était plus un jeu qu’autre chose, une manie confinant au trouble
obsessionnel compulsif. Elle consultait ces médias paranormaux comme elle consultait sa montre.
Ce matin, avant d’aller au travail, elle avait consulté son
horoscope flash, composé d’une seule et unique phrase pour chacun des douzes signes zodiacaux. Elle sauta les premiers pour s’arrêter sur la ligne dédiée aux sagittaires.
« Votre réveil sera brutal mais la journée sera belle. »
Elle ne lui avait pas trouvé de sens particulier avant de
rejoindre Grand Central. Elle l’avait plié en quatre et posé sur la table de l’entrée. Ela relisant au retour de sa longue et épuisante journée, elle vit les choses autrement. La phrase était
porteuse de sens, presque mot à mot.
Réveil pour cet exercice de remise en jambe, Brutal pour l’assaut catastrophique des studios HSMC et belle journée pour ce qui allait venir par la suite, pour la reprise de sa vraie vie de flic et non pas de ronds de cuir le cul dans une chaise à analyser les
rapports et éplucher les statistiques pour préparer la police de demain. Voilà une lecture qui lui plaisait et qui s’accordait tout à fait avec son état d’esprit post intervention, surtout après
avoir entendu parler des Pirates, cibles potentiels d’une enquête comme elle les aimait.
« Tu t’emportes ma chère, se sermonna Aretha. Tu as presque
quarante cinq ans, tu vas arpenter de nouveau le terrain. Contente-toi de cela. C’est déjà un bon début. Tu reviens de loin. »
Une image des studios HSMC en flamme attira son attention. Une
voix off commentait.
« L’assaut perpétré ce matin par un gang d’arterroristes
chez nos confrères d’HelioSun MediaCorp a viré au drame le plus douloureux. Sept policiers, cinq terroristes et quatre civils ont trouvé la mort lors de cette prise d’otages. On dénombre aussi
deux dizaines de blessés dont certains entre la vie et la mort. Jamais notre groupement n’avait connu une telle effusion de violence. Selon les premières informations, il semblerait que la police
soit tombée dans un piège tendu par le gang des Blue Arlequins, en référence à leur peau bleue. Ils étaient tous aguerris et armés comme les meilleurs troupes d’élites. Nos policiers, pourtant
aguerris et courageux, ne purent rien faire jusqu’à l’arrivée massive de renfort. Il aura fallu l’intervention des jetvans blindés pour mettre un terme à cette incroyable scène de guerilla
urbaine. La police, les habitants, nous sommes tous sous le choc. Comment expliquer ces actes ? Au nom de quels idéaux peut-on justifier un tel bain de sang ? Pour le
moment… »
Aretha bascula vers le canal d’HSMC, déjà lassée par les
platitudes du commentaire. La présentatrice était vêtue de noir et les portraits des employés du groupe qui venaient de perdre la vie étaient incrustés en haut à droite de l’image. Le ton
semblait être le même mais le visage de l’Homme Doré incrusté sous les portraits retint son attention. Aretha n’aimait pas particulièrement Hekarius Volonté. Trop brillant, trop visible, trop
imbu de lui même pour qu’elle puisse être en empathie avec lui mais, tout de même, c’était sa chaîne et, quoi qu’on en pensait, le personnage était captivant. Elle écouta donc la speakerine avant
de zapper.
« Nous vous rappelons donc l’information que vient de nous
livrer Hekarius Volonté, propriétaire de notre chaîne. Il s’agirait très probablement d’une opération orchestrée par les Pirates, un groupuscule violent et inconnu à ce jour de hackers ayant
décidé de passer du cyberespace à la réalité. Pour le moment il n’y a eu aucune revendication officielle mais, nous vous le rappelons, il semblerait que la piste des Pirates, nouveau venu sur la
scène du terrorisme, soit privilégiée… »
Un rapide tour d’horizon des autres médias révéla que tous
reprenaient en chœur cette information. Les Pirates comme nouveaux terroristes, les Pirates comme groupuscule ultra violent, les Pirates selon Hekarius Volonté.
Aretha s’arrêta encore sur l’image de cet homme. Il venait de
perdre quatre de ses employés alors que son groupe média affichait une audience insolente. Elle éclipsait momentanément Plunae que le vaisseau Germanicus allait atteindre dans trois
jours.
Ce type, cette attaque, cette chaîne média, ce mensonge – car
c’était un mensonge, Aretha faisait bien plus confiance à Vector qu’à Hekarius Volonté – ne lui plaisaient pas alors que ces pirates lui apparaissaient sous un jour très différent, bien plus
favorable. Quelque chose ne tournait pas rond dans cette équation. Son intuition la taraudait, comme plusieurs fois au cours de sa carrière de flic. Une boule au ventre, un je-ne-sais-quoi en
tête qui, neuf fois sur dix, débouchaient sur une affaire longue et complexe comme elle les aimait.
« Votre réveil sera brutal mais la journée sera belle. »
Cette phrase, couplée à son intuition et à son désir de
reprendre du service, lui fit tourner la tête jusqu’à l’étourdir, jusqu’à l’endormir.
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